La coordination des services de prévention de la délinquance et de sécurité avec le Contrat Intercommunal de Sécurité
Sur un plan pratique, quels sont les dispositifs qui permettent la mise en œuvre du Contrat Intercommunal de Sécurité ? Quelques exemples…
La coordination des services de prévention de la délinquance et de sécurité avec le Contrat Intercommunal de Sécurité
Pourquoi un Contrat Intercommunal de Sécurité ? Comment le définir ?
La démarche de prévention démarre avec le Conseil communal de la prévention de la délinquance (CCPD) initiée en 1987 par la Commune d’Halluin. Trois fois par an, différents partenaires se réunissaient pour lutter contre la délinquance en échangeant et en recoupant les informations possédées par chacun. Puis s’est fait sentir la nécessité de mettre les partenaires sociaux autour de la table. Se sont ajoutés aux services de la ville, les acteurs éducatifs, les bailleurs sociaux, les représentants de la justice. L’objectif de ces rencontres était d’analyser, de proposer et d’assurer un suivi des actions de prévention de la délinquance.
En 1995, un premier diagnostic du CCPD est établi et conclut à la mise en place d’une cellule de veille bi-mensuelle pour accroître l’efficacité du CCPD. De même, de nouveaux dispositifs d’observation ont été mis en place sur le terrain : création d’agents d’ambiance sur le parc locatif de Notre Logis, échanges réguliers d’informations entre les services techniques, les concierges, les services sécurité et jeunesse, centralisation des dépôts de plainte « ville ». La Ville a également accompagné le dispositif « correspondant réseau éducatif » dans les collèges et lycées de la commune. Trois agents de service quartier ont été recrutés. Un programme de sécurisation des bâtiments publics est en cours d’installation.
Entre temps, en 2000, la démarche de prévention halluinoise s’étend à onze communes de la Vallée de la Lys, ce qui a abouti à la signature d’un Contrat Intercommunal de Sécurité.
Le Contrat Intercommunal de Sécurité est le fruit d’un partenariat entre l’Etat et dix communes. Son objectif fondamental est de répondre aux attentes des habitants en se donnant les moyens de lutter contre l’insécurité. Il a été signé le 04 juillet 2000 et rassemble les Villes de Halluin, Roncq, Comines, Neuville-en-Ferrain, Linselles, Wervicq-Sud, Bousbecque, Deûlémont, Warneton et Quesnoy-sur-Deûle.
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Sur un plan pratique, quels sont les dispositifs qui permettent la mise en œuvre du Contrat Intercommunal de Sécurité ? Quelques exemples…
1 - Les cellules de veille…
C’est un temps fort puisqu’il s’agit de rencontres qui permettent l’échange d’informations entre la commune, les services de police et les acteurs sociaux qui exercent sur les communes, en tout cas sur celles qui ont intégré ce dispositif.
Chacun est détenteur d’éléments informatifs recueillis dans le cadre de ses fonctions et dont il est en principe le seul détenteur. Les cellules de veille offrent à chacun des participants la possibilité de contribuer à bâtir des actions de prévention en coordonnant leur propre démarche avec celle des autres.
Quel mode de fonctionnement ?
Il est déterminé par chaque commune. Ainsi, la Cellule de veille «sécurité » d’Halluin se réunit tous les quinze jours. Quant aux communes de Linselles et de Roncq, elles ont mis en place leur cellule de veille de manière conjointe et se réunissent une fois par mois.
Quelle efficacité ?
La continuité et le développement intercommunal d’un tel type de rencontre mettent en évidence l’intérêt des cellules de veille. Cette efficacité est d’autant plus importante que les acteurs présents lors des rencontres sont nombreux et se rattachent à des domaines multiples. Les compétences sont multidisciplinaires et par voie de conséquence, les échanges sont riches et le traitement d’un dossier plus aisé.
2 - Le Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance
Quels sont ses enjeux ?
Le Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance est l’instance de coordination du Contrat Intercommunal de Sécurité qui réunit une multiplicité d’acteurs dans le domaine de la sécurité ou encore dans le domaine social ou éducatif sur le plan intercommunal.
Lieu d’échange privilégié, premier outil de l’information partagée, le Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance vise à faire un état des lieux général de la délinquance sur le territoire, d’évaluer les actions mises en œuvre et de proposer les ajustements ou les nouveaux dispositifs à engager.
Quel est son mode de fonctionnement ?
Il se réunit deux fois par an et se nourrit des travaux réguliers des cellules de veille et du suivi des actions engagées.
Parallèlement, un groupe d’élus se réunira tous les deux mois pour suivre les projets et vérifier leur mise en œuvre.
3 - Les Ateliers Parents
Les premiers ateliers-parents ont démarré sur Halluin le 1er janvier 2001. Ils sont issus d’une réflexion menée par le groupe de travail « Responsabilisation des familles ».
Quels sont les objectifs ?
• Etre attentif, être à l’écoute des parents en réelle difficulté pour les orienter et les soutenir dans leurs démarches lorsqu’ils rencontrent des problèmes,
• Favoriser les rencontres et les échanges entre parents, mais aussi permettre une écoute individuelle pour ceux qui ont à faire face à une situation de crise ou de relative urgence et sont particulièrement désemparés,
• Etre « un observatoire » des difficultés rencontrées par les familles afin de contribuer à la réflexion des élus et techniciens de la commune sur de nouvelles ou de meilleures réponses à apporter.
Quel est le public concerné ?
Tous les parents sont concernés : parents exerçant une activité professionnelle, mères ou pères au foyer, parents isolés, demandeurs d’emploi, allocataires du RMI, adultes handicapés, familles d’origine étrangère…
Quelles sont les modalités de fonctionnement ?
La structure des ateliers parents est accompagnée par une association support : la CLCV (Consommation, logement, cadre de vie). Ils sont également aidés par un cabinet de sociologie, le COPAS (Conseil en pratiques et analyses sociales).
Le fonctionnement des ateliers parents est très souple : les séances sont animées par des parents-relais qui apportent leurs témoignages et leurs réflexions. Ils sont aidés par une coordinatrice qui recherche les outils nécessaires au fonctionnement des ateliers parents.
Successivement dans l’année, plusieurs thèmes sont abordés. Le nombre de séances (en général 3) sur un même thème est défini à l’avance par les parents pour chaque atelier à des endroits différents. Les thèmes abordés répondent aux désirs des parents qui peuvent aussi choisir le jour et le lieu pour y participer.
Un petit déjeuner débat vient conclure le thème des ateliers. Il débute par la présentation du travail mené par chaque atelier, ce qui permet aux intervenants (des professionnels) de rebondir et d’ouvrir ainsi le débat. Cette rencontre se fait le samedi matin permettant ainsi de sensibiliser les pères et les mères qui travaillent en semaine.
Quelques exemples de thèmes abordés : « Agression, intimidation, racket, comment en parler à nos enfants ? » ; « Le mal-être de nos enfants et de nos jeunes. Je me demande s’ils vont bien ? » ; « Le sommeil de nos enfants »…
Aujourd’hui, il existe un atelier à Comines, trois ateliers sur Halluin, un atelier à Wervicq-Sud.
Pour que les échanges soient encore plus fructueux, le 28 novembre 2002, le premier Forum national des ateliers parents s’est tenu à Halluin. Il a rassemblé plus d’une quarantaine de délégations et de structures venues de toute la France. L’objectif était de permettre à des parents, mais aussi à des institutions ou à des associations de se rencontrer autour du thème « Agir avec et pour les parents ».
Depuis, d'autres forums nationaux se sont déroulés à Halluin et dans toute la France.